Synthesis / Synthèse

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Approach: How do coastal communities remember tsunamis as socio-ecological phenomena?

This project aims at exploring the way in which societies remember natural  disasters. My entry point for this particular dimension is my current post-doctoral reseach on the memorialisation of disasters and its victims.

Ethnography: Where?

My main research sites are the northern region of Japan – Tohoku – stricken in March 11 2011 by a record high tsunami and the northern region of Sumatra – Aceh – which was hit by one of the deadliest tsunami in 2004. I am currently collecting data on the ways in which survivors understand, explain and deal with death and memory. Indonesia and Japan have been known for their frequent exposition to tsunamis and my early research suggests that they have developed a particular ‘culture of tsunami’. This region is particularly interesting for two reasons. First of all, some of its peoples (e.g. inhabitants of the Malucas and Banda Aceh) have had a long experience of tsunamis. Secondly, Japanese and Indonesian cities are already forming partnerships in order to recover and learn from their respective experiences.

Impact: How can knowledge of natural disasters enable societies to avoid future tragedies?

In the short term, this project documents and analyses the politics and ideas of death surrounding the memorialisations of the victims. It is expected that such an analyses will provide a better understanding of how community cope with the complete loss of of their home/town and their relatives. In the long term, this research will investigate the role that memorialisation practices play within the recreation of the fabric of the community. To quote Connerton (1989), this project aims at contributing to a broader reflection on how societies remember.

Le Projet

Contexte

Le trauma suivant une catastrophe, qu’elle soit d’origine naturelle ou humaine, appelle à des espaces et à des monuments publics dédiés à la mémoire du sinistre et des victimes (Hood 2012, Nicholls 2006, Gray and Oliver 2004, Connerton 1989). Parmi les édifications les plus célèbres, nous comptons celles d’Hiroshima et du World Trade Center à New York. D’autres monuments, moins visités mais tout aussi symboliques, commémorent des sinistres d’origine naturelle. On notera par exemple le monument du tremblement de Terre en Chine (2008) et le « musée » du Tsunami en Indonésie (2004). Comme l’argumente Eyre (1999), les gouvernements et autres organisations se doivent de construire des sites dédiés à la mémoire des victimes, le trauma des survivants et la perte de leur communauté. Le nombre croissant de mémoriaux commémorant les sinistres, certains académiques vont jusqu’à parler de ‘Mémorial Mania’ aux Etats-Unis (Doss 2010), est apparié par la littérature grandissante sur la « mémorialisation » incluant le travail anthropologique d’Ullberg 2013, Simpson 2013, Revet 2007, Hoffman and Oliver-Smith 1989 et bien d’autres encore.

Problématique

Nous observons que la majorité de ces sites ne voient le jour qu’après de nombreuses années de planification. Le Parc du Mémorial de la Paix d’Hiroshima ne fut construit qu’en 1954, soit presque dix après l’explosion de la bombe atomique. Le mémorial du 11 septembre n’a été inauguré qu’en 2011, soit 10 ans après les attentats. Les survivants de l’ouragan Katrina (2005) et du tremblement de terre dans le Sichuan (2008) n’ont eux pu se recueillir devant les mémoriaux respectivement que trois et cinq ans plus tard.

Ces faits semblent suggérer que la politique de la mémoire est au cœur du problème. Il est possible de noter que certains gouvernements conçoivent les mémoriaux comme faisant partie de la conclusion du processus de reconstruction matérielle et infrastructurelle plutôt que faisant partie du développement de la réhabilitation sociale suivant le sinistre. Au Japon par exemple, les autorités locales conçoivent parfois les monuments comme un symbole s’apparentant à la célébration voir même la promotion de la reconstruction et au renouveau de leur ville plutôt que de les transposer au processus de deuil des victimes et de leur communauté à tout jamais disparue. A Aceh, certains sites dédiés à la mémoire du tsunami sont devenus des attractions et un atout pour le tourisme. Il pourrait donc sembler que les sites commémorant les catastrophes soient également des outils politiques et sociaux. En raison des fonctions multiples de ces lieux, les survivants et les familles en deuil, les victimes ultimes des catastrophes, voient le poids de la tragédie encore plus pénible à porter.

Basés sur ces observations, le projet pose les questions suivantes : 1) Quels sont les rôles des mémoriaux dans les processus de réhabilitation sociale et politique? 2) Quelles relations les survivants entretiennent–ils avec ces sites ? 3) Considérant le délai de construction, comment les familles des victimes gèrent-elles leur deuil pendant l’absence temporaire de mémoriaux ? 4) De façon plus générale, peut-on distinguer de façon théorique les processus de deuil dans le contexte d’une catastrophe et ceux d’un deuil qui n’est pas liée à ce contexte ?

Méthodes de Recherches

Ancré dans un terrain ethnologique, le projet se propose de répondre à ces questions critiques en examinant les pratiques et la notion de deuil dans deux communautés dévastées par un tsunami en Asie.

Le premier nous emmène dans la région du Tohoku au Nord-Est du Japon. Le 11 Mars 2011, un tremblement de terre d’une magnitude 9 sur l’échelle de Richter a provoqué un tsunami sans précédent venant détruire la totalité des habitations et autres environnements, emportant la vie de 15,083 individus dont 3,971 n’ont pas été retrouvés.

Afin de gérer leur trauma et leur perte, ces communautés ont développé différents moyens afin de porter la mémoire de cet évènement tragique et celle des victimes : Actes formels et informels, publics et privés, religieux et areligieux, tangibles et intangibles. Une des stratégies consiste à ériger un monument auprès duquel les familles en deuil, les survivants et autres visiteurs puissent joindre leurs mains (tewo awaseru) afin d’exprimer leur douleur, leur respect ou/et leur solidarité.

Le deuxième cas recherche est un tsunami homologue qui a ravagé la Côte Ouest de la région d’Aceh en Indonésie le 26 Décembre 2004. Ce tsunami est l’un des raz de marée les plus meurtriers de notre histoire. Ayant avancé plus de 5 kilomètres dans les terres, il a fait plus de 220.000 victimes dont plusieurs dizaines de milliers à Banda Aceh. Comme au Japon, les survivants ont eu recours à différents moyens pour gérer leur perte et leur douleur. Dans la ville de Banda Aceh, la forme la plus singulière de mémorialisation fut la création de fosses communes. La plus grande d’entre-elles contient plus de 40.000 victimes selon les responsables. Elle est devenu un lieu de pèlerinage pour les familles et toutes personnes concernées par la catastrophe.

Résultats et discussion

La problématique introduite ci-dessus donne lieu à deux parties.
La première (2012-2015) dont nous préparons la publication, est une étude sur les moyens tangibles (monuments, parcs, musée, etc.) et intangibles (cérémonies, narratives, etc.) de préservation de la mémoire des sinistres et de leurs victimes au Japon. Les données ethnographiques nous permettront de développer une étude plus approfondie des processus politiques qui transforment et modèlent la mémoire sociale. Cette première partie se conclura sur une réflexion du rôle de la politique de la mémorialisation dans la (re)construction de la mémoire, de la religion et de l’idée de la nation.

La deuxième partie utilisera les méthodes de l’anthropologie appliquée. Elle prendra ses fondations sur des terrains exécutés au Japon et en Indonésie. Ce volet aura pour but de tester l’hypothèse suivante : les sites dédiés au deuil des victimes peuvent-ils servir de fondation pour la réhabilitation sociale des communautés sinistrées, et ce, de façon systématique ? Afin de tester cette hypothèse, cette étude s’appuiera sur la compréhension et l’appréhension du rôle de la mémoire sociale dans le contexte de la catastrophe. Elle s’inspire notamment des travaux de recherches anthropologiques d’Ullberg en Argentine (2013), Simpson en Inde (2013) et Revet au Venezuela (2007). Elle est guidée également par les travaux d’Eyre (1999) qui exposent le fait que les agences gouvernementales et non-gouvernementales incluent la provision de aménagements à travers lesquels les survivants de catastrophes peuvent faire le deuil des pertes humaines et communautaires aussi bien à court qu’à long terme. S’engageant de façon pratique et théorique, ces travaux de recherche ont donc un but civique qui vise à améliorer la façon dont les collectivités locales, nationales et internationales gèrent le trauma ainsi que la reconstruction sociale des individus frappés par les futures catastrophes. contribuer notre compréhension le processus et enfin la politique qui constitue la mémoire sociale dans nos sociétés contemporaines.

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