Journée Francophone de La Recherche, Maison Franco-Japonaise, Tokyo, 21 November 2014.

Le rôle de la mémoire et du deuil dans la reconstruction sociale des communautés sinistrées. Leçons venues du Japon et d’Indonésie.

par Sébastien Penmellen Boret
Université de Tohoku, Institut de Recherche International des Sciences sur les Catastrophes, Japon

Le trauma suivant une catastrophe, qu’elle soit d’origine naturelle ou humaine, appelle à des espaces et à des monuments publics dédiés à la mémoire du sinistre et des victimes. Parmi les édifications les plus célèbres, nous comptons ceux d’Hiroshima et du Centre Mondial du Commerce à New York. D’autres monuments, moins visités mais tout aussi symboliques, commémorent des sinistres d’origine naturelle. On notera par exemple le monument du tremblement de Terre en Chine (2008) et le ‘musée’ du Tsunami en Indonésie (2004).

Cependant nous observons que la majorité de ces sites ne voit le jour qu’après de nombreuses années de planification. Le Parc du Mémorial de la Paix d’Hiroshima fut construit en 1954, soit presque dix après l’explosion de la bombe atomique. Le mémorial du 11 septembre n’a été inauguré qu’en 2011, soit 10 ans après les attentats. Les survivants de l’ouragan Katrina (2005) et du tremblement de terre dans le Sichuan (2008) n’ont eux pu se recueillir devant les mémoriaux respectivement que trois et cinq ans plus tard.

Cette présentation se base sur le délai observé entre les catastrophes et les aménagements consacrés au deuil social, et soulève les questions suivantes: Quel impact l’absence de monuments aux morts publics a-t-il sur la reconstruction sociale (ou préservation) des communautés sinistrées? Comment les survivants, les familles et les amis des victimes gèrent-elles collectivement leur perte pendant la période liminale succédant au sinistre? Afin de répondre à ces questions, je considèrerai deux axes : la conception de la mort et les pratiques de deuil dans deux communautés sinistrées par deux tsunamis. Le premier ayant eu lieu en mars 2011 dans le Nord Est du Japon et le deuxième en Décembre 2004, dans la province d’Aceh en Indonésie. Prenant appui sur ces observations, cette présentation se conclura sur une discussion sur le rôle des sites dédiés à la mémoire des victimes des sinistres. Les victimes des sinistres sont aussi celles qui y ont survécu et il s’agit de savoir si les lieux de mémoire participent à leur reconstruction sociale, à la reconstruction sociale d’une communauté.

for more information on the JFR14 http://www.mfj.gr.jp/agenda/2014/11/21/20141121_jfr/

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